15 ans de convention, Behatokia

Les représentants de langues minorisées ont réaffirmé leur engagement en faveur de la Déclaration Universelle des Droits Linguistiques

15 ans de convention, Behatokia

Les 8 et 9 juin 2011, Behatokia, l’Observatoire des Droits Linguistique, organisait son second symposium international, et le 9 juin suivant était organisé au Parc culturel Martin Ugalde un acte pour célébrer le dixième anniversaire de Behatokia. Cet acte ne s’est pas limité à une célébration, les représentants du mouvement associatif œuvrant en faveur de l’euskara et les représentants de la communauté internationale ont réaffirmé leur engagement en faveur de la Déclaration universelle des Droits Linguistiques qui fêtait son quinzième anniversaire.

Le symposium, qui traitait des stratégies pour la reconnaissance et la défense des droits linguistiques, a analysé les outils internationaux dont disposent les communautés linguistiques pour la reconnaissance et la garantie de leurs droits linguistiques.

Ainsi, ont été traités des concepts qui peuvent être, dans le discours actuel, d’une grande utilité pour les communautés de minorités linguistiques comme la notre. D’une part, le discours d’ouverture du congrès prononcé par Josep Maria Terricabras, professeur de philosophie à l’université de Gironna et président de la commission de suivi de la Déclaration universelle des Droits Linguistiques, a exposé une série d’arguments utiles à la revendication des droits collectifs. En effet, les droits linguistiques ont été au cœur des interventions et des échanges au cours de ces deux jours et les participants ont tâché de définir le plus exactement possible le concept de droits linguistiques.

Le professeur en droit constitutionnel de l’Université, Rovira Virgila, et le membre du Conseil de Garanties, Jaume Vernet, expliquait hier les insuffisances, les garanties, les traits distinctifs et les principales caractéristiques qui définissent les droits linguistiques, avant de proposer une définition intéressante : « les droits linguistiques sont des droits publics et subjectifs qui correspondent à l’utilisation de la langue et qui disposent d’une conception normative ». Néanmoins, par cette définition simple nous constatons le sens caché des mots. En effet, il est indispensable de connaître la définition exacte et le sujet des droits linguistiques.
Le docteur en droit de l’Université du Pays Basque (UPV), Iñigo Urrutia, a abondé dans le sens de Jaume Vernet au moment de définir la complexité des droits linguistiques, en traitant de l’égalité linguistique et de la justice linguistique.
Par la suite, le directeur de l’Institut des Droits de l’Homme, Pedro Arrupe, et le professeur de l’Université de Deusto, Edouardo Ruiz, expliquait les mécanismes mis en œuvre par le Conseil de l’Europe pour la défense des langues. Enfin, Paul Bilbao, secrétaire général de Kontseilua, mettait en exergue la valeur des mécanismes de protection des droits linguistiques et expliquait de quelle façon le mouvement associatif, œuvrant en faveur de l’euskara, peut agir en prenant le travail mené par Behatokia au court des ces dix ans.
Les interventions qui ont eu lieu, au court de la première matinée, ont laissé entrevoir quelques insuffisances et certaines carences, néanmoins les membres de CIEMEN expliquèrent l’importance de la contribution de la Déclaration universelle des Droits Linguistiques pour la reconnaissance équitable des différentes langues sans distinction ni discrimination, qui peut être un outil d’une grande aide pour des langues comme la notre.

Il est tout aussi important que la société civile organisée fasse sienne les principes de la déclaration et les diffuse aux quatre coins du monde. Le jeudi matin, différentes communautés linguistiques sont venues témoigner de leurs expériences, dont A Mesa Pola Normalización Lingüística (Galice), Institut d’Estudis Occitans (Occitanie), Kevre Breizh (Bretagne), Obra Cultural Balear (Iles Baléares), Acció Cultural del País Valenciá et l’Observatoire des droits linguistiques (Behatokia).
Patxi Juaristi, professeur en sociologie à l’Université de Deusto, a expliqué les revendications portées avec succès par la société civile, leurs répercussions, en donnant quelques exemples portant sur des peuples indigènes. Il a également présenté les conditions que la société civile organisée doit remplir pour pouvoir agir sur le changement, liste qui sera d’une grande aide pour la société civile.

Garbiñe Petriati, directrices de Behatokia, a lancé un message lors de sa prise de parole dans l’acte venu marquer la fin du symposium : « la société civile peut avoir la capacité d’inverser les réalités et les situations et, assurément, par la société civile organisée qui œuvre en faveur des langues minoritaires, peut aller de l’avant en permettant à la Déclaration Universelle des Droits Linguistiques signée à Barcelone, d’occuper la place qu’elle mérite depuis maintenant 15 ans ».
Pour terminer, à l’occasion de l’acte organisé pour réaffirmer la Déclaration Universelle des Droits Linguistiques, Laura Mintegui, présidente du Pen Club basque, est revenue sur l’élaboration de la déclaration. D’autre part, les représentants des différentes communautés linguistiques ayant participé au symposium international et les membres de la Commission de suivi de la Déclaration universelle des Droits Linguistiques et du CIEMEN ont mis en exergue l’importance de la Déclaration Universelle des Droits Linguistiques et ont réaffirmé leur engagement en signant la déclaration rééditée pour l’occasion par Behatokia. Par le biais de Garabide, des représentants de peuples indigènes d’Amérique du sud et d’Amérique centrale, présents au pays Basque, ont également signé la déclaration. Tels les représentants du collectif Futa Koyagtun Koz Koz Mapu de Gualmapu, de la Fondation Kawsay d’ Equateur, Tosepan du Mexique et Ceforma du Guatemala. Concernant le Pays basque, les membres qui composent Kontseilua, l’Association du label Bai Euskarari et l’Observatoire de Droits Linguistiques Behatokia ont signé la déclaration.

Andoain, le 9 juin 2011.