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Et on s’en prend à présent à la presse occitane !

Après la signalisation bilingue, l’enseignement, c’est maintenant le tour de la presse. Le journal La Setmana vient de recevoir une notification de la CPPAP, (Commission Paritaire de la Presse et Agences de Presse) qui s’oppose au versement des mêmes aides publiques qu’aux médias francophones.

Et on s’en prend à présent à la presse occitane !

Qui peut encore avaler le boniment officiel qui cherche à faire croire que la modification de la Constitution (juillet 2008) créerait « un contexte nouveau pour les langues régionales. L’État veille, nous dit-on, à ce qu’aucune entrave réglementaire ne fasse obstacle à leur libre expression » ? ¹

Qui supporte encore le discours grotesque qui assène que « le cadre législatif actuel permet une présence plus affirmée des langues régionales dans l’espace public » ?

Non seulement, l’addition de l’article 75-1 ne crée aucun contexte nouveau mais il nous a valu pour la première fois dans l’histoire de la République l’aveu formel de l’absence de « tout droit ou de liberté que la Constitution garantit ». ² Au niveau international, l’UNESCO a établi que la France ne respecte pas les deux conventions qu’elle a ratifiées. En Europe, la position française est en infraction avec le principe de non-discrimination ³ qui fonde l’Union européenne.

De fait, le constat de la dégradation de la situation juridique des langues régionales en France se confirme et l’actualité fournit, chaque jour, des cas de discrimination linguistique.

Depuis deux siècles, le contrôle médiatique centralisé et la francisation forcée sont une spécificité française. Nous lui devons la quasi destruction des différentes composantes du territoire. Actuellement, crispée autour du débat sur l’identité nationale, la question des langues régionales est au point mort, comme si celles-ci, composantes de notre patrimoine, mettaient l’unicité et l’indivisibilité de la République en péril alors que partout ailleurs en Europe notamment, se démontre le formidable potentiel de dynamisation sociale et économique qu’entraîne leur pratique.

L’IEO (Institut d’Estudis Occitans) dénonce publiquement cette nouvelle atteinte à la liberté d’expression et d’information (article 11 de la Charte des droits fondamentaux et article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme).

Nous exigeons la garantie de l’égalité en droit de tous les citoyens.

NON à la discrimination de l’occitan.

OUI à un statut légal pour les langues régionales de France.

_

Pierre Bréchet,

Président de l’IEO


¹. Réponse des services du Ministère de la Culture et de la Communication du 12 février 2012

². Décision du Conseil constitutionnel n° 2011-130 QPC du 20 mai 2011

³. Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, Article 21 : « Non-discrimination : est interdite, toute discrimination fondée notamment sur […], la langue, […] ». Article 22 : « l’Union respecte la diversité culturelle, religieuse et linguistique ».

 

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