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L’IEO, une Fédération !

Ce texte est une traduction de la lettre d’Anne-Marie Poggio, vice présidente de l’IEO, envoyée aux adhérents avec le programme et l’invitation à l’Assemblée Générale 2010.

L’IEO, une Fédération !

L’IEO, une Fédération !
Mais qu’est ce qu’une fédération ?

 

1 – Un statut légal :
Tout d’abord, bien sur, c’est un statut juridique administratif, défini dans nos statuts propres qui précisent le fonctionnement de la fédération IEO.

Statuts adoptés définitivement en 2008, qui définissent précisément les orientations et les buts de l’association :
« …Elle a pour objet de

  • définir les orientations générales et le programme d’action collectif,
  • d’assurer la coordination entre les associations membres,
  • d’être l’interlocuteur unique auprès des autorités et organismes de niveau national ou international,
  • d’offrir des services,
  • d’apporter éventuellement assistance aux associations affiliées,
  • d’assurer les services et les missions communes nécessaires aux buts de la fédération et de ses membres. »

2 – Un état d’esprit : Un état d’esprit pour

  • Adhérer aux statuts et signer la charte fédérative de l’IEO,
  • Avoir conscience de faire partie d’une structure qui va au-delà du local, ce qui peut s’avérer une aide plus qu’un obstacle supplémentaire,
  • S’ouvrir aux autres, accepter d’œuvrer en collaboration, d’unir nos forces en vue d’objectifs communs, se sentir solidaires,
  • Forger des liens entre les adhérents, les sections… Pour travailler avec un maximum d’efficacité sur des projets communs,
  • Communiquer, échanger, partager les expériences, les réussites comme les échecs afin de s’aider à progresser,
  • Cibler les problèmes et en trouver les solutions dans le dialogue et la sérénité,
  • Bref, avancer tous ensembles !

C’est une manière de faire pas toujours aisée, qui s’apprend avec le temps, de la patience et de la bonne volonté.

3 – Une façon de faire :
Pourquoi travailler en interrégionalité ? Quel intérêt d’œuvrer ensemble pour des projets communs à toute l’Occitanie ?

Si nous voulons que notre langue ait un avenir et soit considérée non pas comme un gadget folklorique et pittoresque de quelques paysans mais comme une langue ordinaire, outils d’échange et de communication de tout un territoire, reflet d’une réalité sociale et économique, il faut que le monde la côtoie tous les jours et l’identifie de Nice à Bordeaux, de Guéret à la Méditerranée.

Il faut que la langue s’entende, se voie, se lise… s’écrive ! Tout le temps et partout !

Alors, nous serons pris au sérieux.

Bien sur, chacun de son côté propose au public des activités de proximité (cours, ateliers, conférences, expositions, spectacles, concerts, balètis, littérature…), tant de choses très importantes qui assurent une présence de la langue et vont à l’encontre du monde.

Mais nous savons que tout cela ne suffit pas…

Ce sont des moments de langue, mais il nous faut faire sortir l’occitan dans les rues.

C’est en ce sens que l’IEO a développé depuis quelques années des projets interrégionaux (cours pour adultes, label Òc per l’occitan, toponymie et signalisation bilingue…) et qu’est demandé à tous de participer. Si nous voulons être efficaces, il faut que les membres des sections jouent le jeu.

D’autre part, il faut que l’IEO fédéral aie une vision globale de l’action de l’association sur tout le territoire pour en voir les forces et les faiblesses et puisse jouer son rôle de fédérateur :soutenir et aider les uns, profiter des bonnes expériences des autres et les répercuter, tirer les leçons du « déjà fait » pour programmer ce encore « à faire ».

Une bonne coordination permet à chacun gagner du temps et de l’énergie et de ne pas réinventer le beurre à chaque fois.

Ce rôle de fédérateur, de coordinateur nécessite que les membres et les sections respectent et appliquent la « Charte de la Fédération » qui fût votée à l’AG de Marseille en 2009.

Améliorer la cohésion de l’IEO permettra d’augmenter sa visibilité, sa crédibilité, son rôle d’opérateur linguistique et culturel, sa force de proposition pour aller de l’avant… d’être perçus comme une force de pression de plus en plus importante, ce qui sera bénéfique à tous.

Nous ne pouvons pas revendiquer une politique linguistique interrégionale et rester repliés sur nous-mêmes.

Bien sur la géographie occitane fait qu’il nous faut prendre en compte la diversité régionale de notre territoire. Mais il faut voir aussi que l’IEO demande sans cesse depuis des années que soit mise en place une politique linguistique coordonnée pour l’occitan.

Nous devons donc absolument structurer un IEO en capacité de discuter d’une part avec l’Etat et d’autre part avec les collectivités qui commencent à mettre en place une politique commune.

Si nous prenons du retard sur ce mouvement, l’IEO risque de ne plus êter un interlocuteur pertinent pour les pouvoirs publics.

Par exemple, l’IEO a participé de façon très active à la mise en place d’une coordination entre les différentes langues de France, cela parce qu’il portait l’image de représentant d’un grand territoire et de régions différentes et nombreuses.

C’est donc capital d’avoir un IEO coordonné.

Il nous faut absolument cesser de se méfier à priori d’une structure fédérale comme si c’était un élément centralisateur.

Nous avons souvent eu envers l’IEO Nacionau des réactions quasi épidermiques, surtout quand l’IEO Nacionau (avec son CA composé de militants de base de différentes régions et territoires, ne l’oublions pas) faisait des remarques sur le fonctionnement ou le non fonctionnement de tel ou tel IEO départemental ou régional.

Il est arrivé que certains dépensent plus d’énergie à contester les remarques de l’IEO Nacionau qu’à dialoguer avec le CA pour trouver une solution concertée.

Il semble que nous soyons tous plus ou moins formatés par l’image d’un pouvoir politique tel qu’on le trouve en France, et qu’il est donc perçu comme un acte « occitaniste » de contester l’IEO « centrau ».

Faire de l’IEO une fédération, c’est faire que chaque élément soit au service de l’ensemble et que l’ensemble soit au service de chaque élément. Mais il faut établir des règles communes de fonctionnement et les respecter.

Jusqu’à présent le CA National a toujours demandé au directeur de l’IEO de chercher à aider les différentes associations. Ce fut fait.

On ne peut pas contester le droit du CA de l’IEO Nacionau de faire des remarques et de se préoccuper du disfonctionnement que peuvent avoir les sections. Cela fait partie de son travail, au vu de son élection par l’assemblée générale de l’IEO qui donne les orientations qui définissent ce que c’est que d’être à l’IEO.

Enfin n’oublions pas qu’en 10 ans, l’IEO s’est structuré et a permis à ses sections régionales et départementales de disposer de moyens supplémentaires. La structuration s’est accompagnée de la présence plus importante de professionnels dans la fédération IEO.

Nous ne citerons pas les nombreux exemples d’outils concrets, de participation, d’implication et de mobilisation sans commune mesure qui suivirent les trois manifestations Anem Òc !

Ana-Maria Poggio
Vice-présidente de l’IEO

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