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Donostia : Protocole pour la garantie des droits linguistiques (occitan)

Ce protocole a présenté le 17 décembre 2016 à Donostia (Pays-Basque), capitale européenne de la culture, 185 mesures permettant de garantir les droits linguistiques en Europe. Il a été pré-signé par l’IEO.

Donostia : Protocole pour la garantie des droits linguistiques (occitan)

Avant le préambule du texte, nous vous présentons en quelques mots ce qu’est le protocole de Donostia. Ce document a été pré-signé par le Président de l’IEO, Pierre Brechet, au nom de la fédération, pour la langue occitane.

Qu’est-ce que le Protocole pour la Garantie des Droits Linguistiques ?

Le Protocole est un document pour l’égalité des langues qui garantit le développement des langues en situation défavorable. Il a été élaboré grâce aux contributions des acteurs sociaux et avec les conseils d’une Commission Scientifique. Il liste les mesures indispensables pour la garantie des droits linguistiques de tous les citoyens. Les conclusions seront présentées à Donostia Saint-Sébastien, le 17 décembre 2016, dans le cadre de la Capitale Européenne de la Culture.

Objectifs.
La création, par un processus participatif, d’un outil efficace pour garantir l’égalité des langues et développer les langues en situation défavorable et convertir Donostia Saint-Sébastien en ville de référence dans ce domaine.

Une Référence : Déclaration de Barcelone.
La Déclaration Universelle des Droits linguistiques de 1996 fut le fruit d’une contribution de la société civile pour la défense des droits linguistiques. Vingt ans après, nous voulons accomplir un pas supplémentaire à Donostia.

Leadership des acteurs sociaux.
Les acteurs constituent la clé du processus. Nous souhaitons par ce projet, donner le pouvoir aux acteurs sociaux, pour créer un pacte social d’ampleur, que les différents organismes pourront par la suite s’approprier.

Processus d’élaboration du processus
Les acteurs sociaux et toute personne intéressée par le domaine des langues ont proposé des mesures précises à intégrer au Protocole, durant le premier semestre 2016. Une fois que la Commission Scientifique a classé ces mesures, le Comité Organisateur les a présenté aux acteurs sociaux pour ratification. A la fin du processus, le Protocole sera présenté à Donostia Saint-Sébastien, le 17 décembre 2016 à 11 :30 au Palais Kursaal.

Promoteurs.
La Fondation Donostia San Sebastián 2016, Capitale européenne de la Culture, et Kontseilua, Conseil des Organismes Sociaux de la Langue Basque.

Organisateurs.
UNPO, LINGUAPAX, PEN International, ELEN, CIEMEN, ECMI

PREAMBUL
« Toute personne peut se prévaloir de tous ses droits et de toutes ses libertés énoncées dans la présente Déclaration, sans aucune distinction, notamment de race, de couleur, de sexe, de religion, d’opinion politique ou autre, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ».
Déclaration universelle des droits humains, article 2.

Les droits linguistiques doivent assurément être inclus parmi les droits humains fondamentaux. Les langues servent à communiquer, mais la situation des langues ne peut pas se limiter à la seule dimension de communication, parce que les langues ne peuvent pas se séparer de leurs cultures. Quand le lien entre les langues et les cultures est dénié, la dignité des locuteurs et des citoyens est bafouée. Soutenir alors la diversité linguistique fait partie de la défense des droits de chacun. Pour cette raison, ce document veut aussi ouvrir une voie qui pourrait contribuer au bien être social et à la coexistence pacifique, puisque travailler pour un traitement démocratique des communautés linguistiques est un moyen d’assurer que les droits humains soient respectés.

Toutes les langues sont l’expression d’une identité collective et sont un moyen singulier de percevoir et de décrire la réalité, et doivent donc pouvoir profiter des conditions requises pour le développement dans toutes leurs fonctions. Toutes les langues sont collectivement contituées et sont disponibles dans une communauté pour un usage individuel comme outil de cohésion, d’identification, de communication et d’expression créative. Dès lors, les signataires de ce document pensent et affirment que toutes les communautés linguistiques ont le droit d’organiser et de gérer leurs ressources propres pour assurer l’usage de leur langue dans toutes ses fonctions au sein de la société, et sont aussi en droit d’avoir touts les moyens nécessaires à leur disposition pour assurer la transmission et la continuité de leur langue.

Un des traits caractéristiques de l’Europe a toujours été sa diversité des langues. Il n’y a pas un seul Etat européen monolingue, et les déplacements des personnes font espérer en cette diversité.

Mais la façon de traiter la diversité linguistique en Europe varie beaucoup d’un endroit à un autre, et c’est un point problématique, car si les droits linguistiques font partie des droits fondamentaux et qu’une Europe plus juste se fonde sur l’égalité, un des piliers de sa fondation doit être le traitement démocratique de la diversité.

Les différences existent dans la façon de traiter cette diffusion de la diversité entre, d’une part, la volonté de créer et de maintenir la reconnaissance et le soutien des communautés en situation de minorité et, d’autre part, la dénégation de l’existence de certaines communautés, avec toutes les situations intermédiaires. Entre ces deux situations extrêmes, il existe en Europe une grande variété de politiques différentes de traitement de la diversité linguistique.

Malgré ces différences politiques, il y a un grand nombre de similitudes entre les groupes de citoyens qui travaillent partout en faveur de la revitalisation des langues minorisées. Au-delà des différences de situations entre les langues, les meilleures résultats ont été obtenues par l’implication de la société civile et les associations de terrains. La société civile a ouvert la voie au développement de projets pour former de nouveaux locuteurs de langues menacées. La société civile a ouvert la voie au développement de nouveaux outils qui rendent possible l’épanouissement au sein de minorité linguistique. Et c’est encore la société civile qui, depuis des dizaines d’années, a travaillé pour une vraie démocratie, ce qui lui donne la légitimité pour décider des étapes nécessaires pour l’avenir.

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